Lincoln, T.1 à 6, Fratrie Jouvray

Il faut le savoir, à la base, je suis pas très BD. Oui, bon, ça va, je devrais dire je “n’étais” pas très BD. Forcément, avec un homme qui en est féru, fallait pas attendre bien longtemps avant que je ne plonge dans les meilleures d’entre elles (enfin, celles que JE décide être les meilleures, je me garde encore ce privilège, non mais). Donc voilà, il m’en parle, je jette un oeil dédaigneux en ouvrant l’album une fraction de seconde, pour le reposer d’une moue boudeuse jusqu’à des jours meilleurs. Puis j’y reviens plus tard. Ou pas. Là, j’y suis revenue (voire, je me suis jetée dessus de suite, je ne sais même plus). Et j’ai pas regretté. Chuis même tombée amoureuse. Article.
En bref : Un orphelin élevé chez les prostituées de la fin du 19ème aux Etats Unis se voit foutre dehors par les habitants fort aimables de son village. Super méga giga en colère contre la terre entière d’être né, il a aussi oublié d’être bête et nous surprend à être plutôt (bon) philosophe dans certaines situations. Il erre comme une âme en peine, avec semble-t-il pour unique but de surpasser ses exploits en bagarres et larcins en tous genres. Mais c’était sans compter sur Dieu qui s’ennuyait ferme de voir les humains continuer à s’étriper et qui s’annonce à lui sous la forme d’un paysan qui lui offre l’immortalité en échange de ses services de futur justicier, et tout ceci dans le but de lui prouver que la vie, SA vie, peut avoir un sens et le rendre heureux. Sauf que… si le Diable vient rendre visite à ce petit monde au bout de quelques pages, il n’a rien à envier au nouveau protégé céleste.
Le plus : Le graphisme, qui colle parfaitement au ton de la BD, aux dialogues audiardesques, aux situations absurdes et dénouements bourrés d’humour. Les dialogues, donc, qui laissent poindre quelques perles vraiment excellentes et qui me tirent la plupart du temps un bon éclat de rire (ok, je suis bon public, mais quand même). L’histoire, loufoque et tellement classique à la fois, vraiment traitée avec justesse et honnêteté. Point de morale à deux balles, ou alors, pas dirigée vers ceux que l’on croit.
Le moins : C’est trop court ! 48 misérables pages ! C’est honteux ! Alors d’accord, loin de moi l’idée qu’ils se transforment en bêtes de manga qui fournissent aussi vite qu’ils mangent leur riz, mais quand même ! 48 pages ! C’est trop long ! (oui, je ne suis plus à un paradoxe près) Deux ans pour avoir le dernier tome ! (et le fait que j’ai découvert la série à la sortie du dernier tome n’excuse en rien les auteurs, je trépigne déjà pour le prochain) (et y’a intérêt qu’il y ait un prochain !) nan mais franchement ! Rendre les gens accros et après, les faire baver des mois et des mois pour avoir une microscopique dose ! (s’en va lire de Capes et de Crocs en marmonnant des insanités…)
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